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Stress ponctuel et stress chroniqueEcrit par MB

Au masculin …
C’est celui que nous ressentons … ponctuellement. Notre capacité à stresser est activable à tout moment. Ce qui l’active c’est un évènement exogène bien défini qui a un commencement, un développement, puis une fin. Notre stress va connaître un développement parallèle à celui de l’évènement. En particulier, notre stress va disparaître avec le phénomène qui l’a causé.
Exemple : Un déménagement des bureaux où l’on travaille. Le déménagement s’annonce, puis a lieu, et ensuite les choses rentrent dans l’ordre dans un nouvel environnement. Notre stress va suivre une courbe montante puis descendante en parallèle avec le déménagement. Il disparaîtra lorsque les choses auront repris leur cours normal au sein du nouvel environnement de travail.
Le stress ponctuel est positif. Il ne permet pas seulement de bien gérer un épisode inhabituel. Le stress est aussi une ressource que l’on utilise encore pour être efficace afin de conduire à bien un travail important, par exemple. Le stress est alors une véritable force qui permet à l’individu d’atteindre son niveau d’efficience optimale et d’y demeurer un certain temps par des stimuli renouvelés. Mais ici encore la chose ne peut-être que ponctuelle : Quand la fatigue arrive, il faut lever le pied. La fatigue signale que le corps et l’esprit ont beaucoup donné et qu’il est temps de les laisser se reposer.
C’est celui qui nous colle à la peau. La nature du stress ne change pas vraiment, ce qui change ce sont les stimuli qui l’activent : Ils sont récurrents. Ils sont anxiogènes car ils induisent une activation du stress en flux continu.
Un mot d’explication : Quand nous stressons c’est un peu comme si nous étions mis en état d’alerte. On peut se mettre régulièrement en état d’alerte. C’est même stimulant. En revanche il n’est pas possible de se tenir en permanence en état d’alerte, car alors il y a épuisement.
Pour ces deux raisons : Il est anxiogène et il épuise physiquement et mentalement, en raison de son caractère récurrent. Les facteurs de stress étant sans cesse renouvelés, le stress est lui aussi sans cesse renouvelé. D’où l’anxiété et l’épuisement progressif au fur et à mesure que le temps passe.
Confronté au stress un homme a tendance à se dire : - Ca va passer … C’est l’expression de notre capacité de résistance aux vicissitudes de la vie. Des expression comme : - Ce n’est qu’un mauvais moment à passer … ou encore : - Tout va bien se passer …sont des façons assez masculines de dire en fait : - Là je suis mal, mais je joue la montre et j’espère que ça va s’arranger bientôt …
La conséquence est que confrontés au stress les hommes ont tendance à faire le dos rond, à endurer le stress et à espérer que « ça va passer ». Le problème masculin est là : Nous ne sommes pas suffisamment à l’écoute de nous-mêmes, nous taisons notre ressenti. Cette attitude de « résistance-passive »conduit souvent un homme à se laisser envahir insidieusement par un stress chronique sans vraiment s’en apercevoir.
La racine du problème du stress c’est notre conditionnement masculin : Notre société continue à vouer un culte déraisonné à la performance au masculin. Performance sans faille, bien sûr. Le message est le suivant : - Pour performer, l’homme doit savoir ne pas s’écouter … Notre époque le dit souvent de façon allusive, par exemple dans la communication publicitaire où dans les séries télévisées, mais elle le dit quand-même. L’éducation, les traditions sociales etc. continuent à apporter leur pierre à l’édifice … Ce ne sont là en fait que des préjugés …
Mais comme disait Einstein : - Il est plus facile de désagréger un atome qu’un préjugé »…
Nous distancier par rapport à nos conditionnements, et apprendre à écouter notre vraie nature masculine. La base de toute solution au problème du stress au masculin est là : - Nous distancier par rapport à nos conditionnements et apprendre à écouter notre vraie nature masculine.
Cela signifie faire un petit travail sur soi-même, comme on dit. Ce travail consiste à identifier ses conditionnements (un garçon ne pleure pas = je tais mon stress) et à s’en distancier.
On y arrive en se posant les question suivantes : - Pourquoi est-ce que je ne recherche pas vraiment de solution alors que je me sens stressé en permanence ? Qu’est-ce qui m’empêche d’admettre vraiment que je suis stressé et de le dire à mes proches ? Pourquoi cette pudeur ? Pourquoi est-ce que je bloque ? Pourquoi est-ce que je n’ose pas reconnaître que j’ai un problème ? Pourquoi est-ce que je dis : Tout va bien ! alors que je sais que ce n’est pas le cas ?
Chaque homme a ses propres réponses à ces questions générales. En y répondant l’homme comprend pourquoi il n’admet pas vraiment qu’il a un problème de stress. Il identifie les verrous à faire sauter.
Comment faire ?
En admettant qu’il est dans la nature masculine d’être attentif à soi-même. C’est quelque-chose que naturellement nous partageons avec tous les être vivants. Regardez comment se comporte un chat … Désapprendre un conditionnement se fait progressivement. Apprendre à écouter sa vraie nature aussi …
L’homme aime s’accomplir dans l’action, être autonome, prendre sa vie en main. C’est normal, c’est dans notre nature. C’est la même chose chez tous les mammifères mâles ! Le lion, le tigre, le gorille … Comme disait l’autre : - N’oublions jamais que nous sommes des animaux … Alors observons-les, nos alter ego du règne animal. Confrontés à un stress ponctuel, ils le vivent à fond, mais ils ne se laissent pas envahir par un stress chronique : Ils font tout pour ne pas le subir longtemps. Ils prennent des contre-mesures.

