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Le stress au masculin – première approcheEcrit par MB

Le stress est un trouble psycho-social. 25 à 30 % des personnes qui travaillent souffrent de stress. Qu’est-ce que le stress au niveau « individuel » ?
Le stress est notre réaction à un changement important dans notre environnement. Le stress c’est l’attention que nous portons à notre environnement qui est en train de changer. Le stress est un signal qui nous dit : - Ton environnement se modifie, prépare-toi à t’adapter en conséquence.
Le stress est une réaction naturelle et saine.
Les gens qui disent avoir l’esprit cartésien ont pour guides la raison, la logique. Pour eux la raison prime sur l’émotion. Ils veulent du rationnel et de la logique partout, et pour eux tout peut se gérer et se résoudre en termes rationnels, logiques. Et pourtant …
Le témoignage d’Alain : - Dès l’enfance j’ai été un fort en Math. J’ai d’ailleurs grandi dans une famille de matheux. Pour mon père les gens qui n’avaient pas fait math-sup, math-spé et la suite qui convient n’étaient pas des gens crédibles. Il les appelait « des joueurs de mandoline ». Cette vision des choses est devenue la mienne. Pendant des années tout a bien marché pour moi. J’ai entamé une carrière très intéressante pour moi dans l’immobilier. J’ai épousé une femme adorable. Tout avait l’air de bien se passer jusqu’à un certain soir où je suis rentré du travail assez tard comme d’habitude. Sur la table de la salle-à-manger il y avait une lettre de ma femme où elle m’expliquait qu’elle me quittait parce qu’elle n’en pouvait plus de vivre avec un robot … le robot c’était moi. J’ai mis longtemps à comprendre …
Quel est le lien de tout cela avec le stress ?
Le voici : - Le stress est un signal émotionnel. Il ne passe pas par la case « raisonnement ». C’est ce qui le disqualifie aux yeux de beaucoup de monde. Résultat, on le subit, on l’endure, on attend que ça passe. On le vit comme un évènement extérieur dont on subit les inconvénients, supposés passagers. Un peu comme un mauvais temps un peu persistant. Souvent on considère le stress comme un facteur perturbateur exogène, non comme un mode d’expression intime. C’est là que se situe l’erreur des cartésiens.
Ignoré, le stress devient comme un signal d’alarme qui sonne dans le vide … L’adaptation comportementale qu’il est censé provoquer ne se produit pas. Faute d’initiative adéquate, le déséquilibre ayant causé la réaction de stress va alors prendre de l’ampleur…
- Un garçon ne doit pas pleurer … on l’entend moins souvent, mais l’idée reste sous-jacente dans notre société. Moitié conditionnement, moitié pudeur naturelle, nous les hommes nous avons tendance à taire nos émotions lorsqu’elles nous paraissent négatives.
Ne nous y trompons pas : L’homme tombe alors dans un piège car il va devoir gérer un double discours : son ressenti intime, et son expression sociale. Il sera alors en porte-à-faux, situation pénible.
A cela s’ajoute la « noblesse » du stress. Quand on est stressé c’est qu’on est important, qu’on a des responsabilités … il y a une dose de flattement d’ego.
Une première conclusion est qu’il y a une réaction masculine au stress, différente de la réaction féminine. Par exemple le nombre de femmes qui consultent leur médecin généraliste pour un problème de stress est infiniment supérieur au nombre d’hommes qui font la même démarche.
Les hommes ont bien plus souvent que les femmes tendance à nier leur stress et à se contenter de dire : - Ca va passer …


