L'interview
Patrick pelloux – l’interview
Hommepage : - Eté 2003, vous alertez l’opinion et les pouvoirs publics sur les effets catastrophiques de la canicule … votre « coup de gueule » a marqué les esprits. Où en sommes-nous maintenant ?
Patrick Pelloux: - La situation s’est lentement dégradée, pourtant ça a été une alerte générale :
1 – Sur les conséquences du réchauffement climatique et les variations de climat. Il suffit de voir comment a fondu la banquise cet été.
2 – Sur le vieillissement de la population.
Le problème des vieux s’est un peu amélioré, on en prend plus compte. Sinon le gouvernement travaille dans des conditions abominables, il est à la chasse contre les syndicalistes comme moi.
HP : - Vous êtes toujours Président de l’AMUF (Association des Médecins Urgentistes de France) ?
PP : - Je suis en train d’être viré de l’hôpital public ! J’ai été réélu triomphalement à mon syndicat. Je suis même devenu Secrétaire Général d’une fédération montée avec 4 grands syndicats : La fédération de la permanence des soins hospitaliers, composée d’anesthésistes réanimateurs et urgentistes comme moi.
Je suis en « chômage forcé » actuellement. J’ai déposé mes 134 jours de RTT ! Je n’ai plus d’affectation alors que le service des urgences manque cruellement de gens.
J’ai fait 15 ans de ma vie à l’Hôpital Saint-Antoine, on me vire comme un chien, on me harcèle. Peut-être parce que je suis Président du syndicat ? On a aucun reproche à me faire, j’en ai assez de subir leur stratégie d’humiliation publique. Ils utilisent leur pouvoir, cela existe dans tout le monde hospitalier. Il faut le dire.
Je suis triste de quitter mon hôpital et le 11ème et 12ème arrondissement que je connais par cœur avec tous ses habitants….
Ce harcèlement a été progressif. Aux Etats-Unis, les « donneurs d’alerte » -on les appelle comme ça là-bas- sont protégés par la loi, pas en France…..
Je veux rester intègre par rapport à mes convictions, je refuse les placards. Les conditions sont non sereines aujourd’hui, la médecine d’urgence se fait dans le stress, ce qui n’est pas bon. Je refuse ce harcèlement ou cette humiliation de la part de la hiérarchie.
HP: - Vous pensez changer d’affectation ?
PP : Je vais voir, je ne souhaite pas quitter l’APHP, je suis lié viscéralement à l’APHP à Paris.
HP : - Et votre activité médiatique ?
PP : - Je suis toujours chroniqueur chez Charlie Hebdo, à TSF (radio du jazz) à 7h45 et à France 5 tous les jeudis (le magazine de la santé) et toutes les semaines chez Morandini à Europe 1. Je suis toujours dans les débats.

